le Plessis-Vannon...ou la maison près de la fontaine

Publié le 2 Juillet 2016

vue d'ensemble de la fontaine-lavoir

vue d'ensemble de la fontaine-lavoir

Vers 1850, l’hygiène rurale est déplorable et, suite aux épidémies de choléra, le gouvernement français prend la décision de favoriser l’installation, dans chaque village, d’un ensemble architectural regroupant la fontaine, le lavoir et l’abreuvoir des animaux (vaches et chevaux).

Notre fontaine-lavoir, toujours en fonctionnement, a été construite à cette époque selon un plan à la fois classique et austère, lointaine imitation d’un temple grec de 20 m de long et 10 m de large. Le toit à quatre pans est supporté par un ensemble de 16 colonnettes reposant sur des pilastres rythmant le mur d’environ 1,70m de haut.

La source est captée à quelques mètres et alimente d’abord deux cuves hémicylindriques, les prisoirs où les habitants pouvaient plonger un seau pour collecter l’eau à usage domestique. L’eau s’écoulait ensuite vers deux abreuvoirs extérieurs (l’un est comblé et sert de bac à fleurs) puis elle entrait dans le lavoir grand espace couvert et clos.

A l’époque et jusque vers 1950-60 les villageoises de Membrey venaient laver et rincer le linge selon un rituel bien établi.

Le lavoir était équipé aux deux extrémités de portes pleines (aujourd’hui disparues) et l’espace ainsi parfaitement clos pouvait recevoir environ 25 personnes agenouillées autour du bassin rectangulaire. Elles s’installaient dans des sortes de caisses en bois munies de coussins de jute bourrée de paille qu’elles appelaient, non sans humour, leur carrosse !

Le lieu était absolument interdit aux hommes et la hauteur de murs protégeait les dames, aux tenues parfois un peu débraillées, des courants d’air et des regards jugés concupiscents des messieurs qui se tenaient juste en face …au café !

Les places autour du bassin et les jours de présence étaient attribuées en fonction de l’âge et (ou) du rang social. Du côté de l’eau la plus pure, les personnes les plus respectables et vers l’aval où l’eau était souillée, le peuple des « filles de ferme » ou des lavandières professionnelles, très nombreuses à l’époque. La lente progression dans la hiérarchie des emplacements durait toute la vie et était une petite victoire.

Le règlement et la police des lieux ainsi d’ailleurs que la fourniture de la lessive et du savon était aux mains d’une dame, souvent assez âgée, parfois ancienne lavandière qui tenait son petit commerce dans un angle de l’édifice…

C’était ça …le bon temps !!

une vue du côté des "prisoirs"

une vue du côté des "prisoirs"

l'intérieur du lavoir

l'intérieur du lavoir

Rédigé par Jean Pierre VIENNEY

Publié dans #Les choses à voir

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