Publié le 22 Octobre 2016

Le Plessis-Vannon à la porte de la « prairie humide »
Le Plessis-Vannon à la porte de la « prairie humide »

Avant de se marier avec La Saône, le Vannon hésite, de petit torrent nerveux né d’une résurgence, il devint rivière imprévisible puis, lent et tortueux, se partage en plusieurs bras ramifiés aux nombreux méandres, constitue un large delta où il continue à flâner avant le mariage et finit par se jeter à regret dans le lit de sa majestueuse épouse.

 

Cet espace de prairie alluviale s’étend du village de Membrey à la Saône sur une distance en forme de cône d’environ un kilomètre carré. Il appartient à une zone plus vaste s’étendant de Ray-sur-Saône à Membrey (ZNIEFF 430013879 de l’Inventaire National) qui fait partie de l'espace NATURA 2000 de la vallée de la Saône. Souvent inondé en hiver, humide au printemps, il produit en été une prairie grasse et abondante, fauchée ou plus souvent pâturée de vaches montbéliardes.

 

Les hommes exploitent depuis toujours cette surface herbeuse de zone alluviale fertile et facile d’accès. Ils ont complété au fil du temps le réseau naturel des ruisseaux et des rus par un complexe lacis de fossés et des drains aussi malencontreux qu’artificiels. Nous ne parlerons pas des horribles plantations d’inutiles peupliers qui hachent encore le paysage pour un revenu aussi aléatoire que ridicule.

 

Aujourd’hui les prairies humides ou inondables sont un milieu naturel très important, largement étudié et préservé.

 

On y trouve une flore bigarrée où les différentes graminées, vulpins et pâturins fréquentent les cardamines et s’associent aux iris d’eau, aux joncs aux renoncules et même à la superbe  fritillaire pintade sans parler de la salicaire tellement commune.

 

On y découvre une faune d’oiseaux rares où le martin pêcheur, le héron, le guêpier, la pie-grièche écorcheur disputent la vedette au râle des genêts, au courlis cendré et au tarier des prés.

 

On y fréquente de rares mammifères aux noms étranges comme les discrètes pipistrelles mais aussi les ragondins conquérants.

 

On y voit parfois des brochets et y entend toujours des batraciens familiers.

 

On y repère facilement les nombreux insectes, parfois envahissants, les libellules et les papillons rares et protégés, le paon de nuit et le cuivré des marais.

 

Le « chemin des peupliers », juste à côté du pont sur le Vannon est l’entrée de cet espace de découverte, un héron cendré (ardea cinerea) y monte souvent la garde !

...A moins qu'il hésite avant de traverser !

...A moins qu'il hésite avant de traverser !

Une "grande aigrette blanche" (ardea alba) se promène parfois dans le petit ru, déversoir de la fontaine lavoir, qui longe le trottoir en face du Plessis-Vannon.

Le Plessis-Vannon à la porte de la « prairie humide »
La belle ne manque pas d'élégance!

La belle ne manque pas d'élégance!

Elle intrigue, elle étonne. Les canards en restent ...bouche bée (si l'on peut dire)!

Elle intrigue, elle étonne. Les canards en restent ...bouche bée (si l'on peut dire)!

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Rédigé par Jean Pierre VIENNEY

Publié dans #Les choses à voir

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